On nous parle d’engagement. On installe des baby-foots, on nomme des « Chief Happiness Officers ». On cherche des « leviers de motivation ». Et pourtant, dans la plupart des organisations, on n’obtient qu’une chose : une conformité polie. Un « oui » qui masque un « non ».

Pourquoi ? Parce que nous traitons l’engagement comme un problème de management, alors que c’est une réalité est en grande partie biologique.

Nous avons beau vouloir « adhérer » à une vision, si notre corps est en état de survie, rien ne se passe. L’engagement n’est pas une décision de notre cerveau rationnel. C’est une résonance, une sensation dans les tripes, une conséquence de l’alchimie qui circule dans nos veines.
La question n’est pas « Vos équipes sont-elles motivées ? », mais

« Quel cocktail chimique servez-vous à vos équipes chaque matin ? »

Le cocktail de la Survie – Celui qui génère la conformité

La plupart des organisations fonctionnent, sans le savoir, avec un cocktail chimique très simple : Cortisol + Adrénaline.

C’est le « cocktail de la survie ». Il est déclenché par le mail du dimanche soir, la réunion de « résolution de problèmes », la culture de l’urgence, le « reporting » permanent. C’est le management par la peur du manque, le fameux « bâton ».

Ce cocktail est incroyablement efficace pour une chose : l’action immédiate. La fuite ou le combat. Il génère de l’obéissance, de la conformité. Mais il est neurotoxique à long terme. Il épuise les ressources, ferme les circuits de la créativité et de la connexion sociale.

On ne peut pas être créatif, confiant et « engagé » quand notre corps se prépare à être mangé par un lion.

Le Cocktail de l’Épanouissement – Celui qui bâtit l’engagement

Le véritable engagement – l’adhésion profonde, celle qui vient du cœur – répond à un cocktail bien plus sophistiqué. Un mélange que la psychologie positive cherche délibérément à cultiver.

  1. L’Ocytocine C’est « l’hormone de la confiance ». Je fais confiance à ce groupe
    Elle est libérée quand on se sent en sécurité psychologique, quand on peut être vulnérable sans risque, quand on se sent appartenir à un collectif. C’est le ciment du lien.
  2. La Sérotonine C’est « l’hormone du statut serein ». Je suis respecté dans ce groupe
    Elle est liée à la fierté tranquille, au sentiment d’être respecté et reconnu pour sa contribution. Elle stabilise l’humeur et donne le sentiment d’avoir sa « juste place ».
  3. La Dopamine C’est « l’hormone de la motivation ». Ce que je fais a du sens
    Mais attention, ce n’est pas la récompense finale, c’est le plaisir de la progression. C’est le « clic » qu’on ressent quand on avance, quand on résout un puzzle, quand on se dit « encore 5 minutes ».

Quand ces trois hormones circulent, le Cortisol baisse. La créativité s’ouvre. L’adhésion n’est plus un effort, c’est un état de fait biologique.

Changer la commande du cocktail

Alors, comment on arrête de servir le cocktail de la peur pour enfin servir celui de la confiance ?

On ne peut pas le « décider ». Mais on peut changer les conditions qui le produisent. C’est tout le génie de la psychologie positive.

  1. Pour l’Ocytocine et la Sérotonine > On change la question.
    Au lieu de demander « Pourquoi avons-nous échoué ? » (ce qui génère du Cortisol et de la justification), on pose une question radicalement différente : « Racontez-moi un moment où cette équipe a brillamment réussi. Quelles étaient nos forces ? Qu’avons-nous ressenti ? ».
    C’est le principe de l’Appreciative Inquiry (l’Enquête Appréciative). En créant un espace d’écoute pour célébrer les « noyaux de réussite », on inonde le groupe d’Ocytocine (on est en sécurité, on se fait confiance) et de Sérotonine (on est fiers de ce qu’on a fait).
    L’adhésion au collectif devient instinctive. 
  2. Pour la Dopamine et les Endorphines > On change l’expérience.
    Au lieu de fixer des objectifs lointains, on crée les conditions du « Flow ». Cet état magique où l’on est totalement immergé dans une tâche. Le « Flow » se produit quand le défi est parfaitement équilibré avec nos compétences. Quand on est « dans la zone », le cerveau libère un cocktail de Dopamine (on adore progresser) et d’Endorphines (l’effort devient agréable).
    L’adhésion à la mission devient une récompense en soi.  

L’engagement n’est pas un « soft skill ». C’est une alchimie.

On ne peut pas exiger l’adhésion. On ne peut pas la « gérer » avec des process.
On ne peut que créer, obstinément, les conditions de sécurité psychologique et de juste défi qui permettent au bon cocktail chimique d’émerger.

L’engagement, c’est la biologie de la confiance. Et c’est la seule chose qui compte vraiment.

Pour aller plus loin

3 points essentiels à retenir :

  • L’engagement n’est pas un choix rationnel, mais une conséquence biologique de notre environnement.
  • On ne peut pas être engagé si notre corps est en « mode survie » (Cortisol + Adrénaline). L’engagement nécessite le « cocktail de l’épanouissement » (Ocytocine, Sérotonine, Dopamine).
  • On change ce cocktail en changeant nos questions (passer du « problème » au « succès », comme avec l’Appreciative Inquiry) et en structurant le travail pour qu’il génère du « Flow ».

Pour aiguiser votre réflexion :

  • À lire :
    • Flow: The Psychology of Optimal Experience de Mihály Csíkszentmihályi, le livre fondateur sur le sujet.
    • Les Leaders mangent en dernier de Simon Sinek, une exploration brillante de la façon dont l’Ocytocine et la Sérotonine (le « cercle de sécurité ») sont la clé du leadership.
    • Flourish (S’épanouir) de Martin Seligman, le père de la psychologie positive, qui détaille le modèle PERMA.
  • À explorer :
    • Les travaux d’Ilona Boniwell, qui excelle à appliquer la psychologie positive en entreprise et en éducation. www.positran.fr
    • Le « Appreciative Inquiry Commons », le hub mondial de ressources sur cette méthode qui change la culture d’entreprise par la valorisation. aicommons.champlain.edu

Petit défi de la semaine :

  • La prochaine fois que vous démarrez une réunion d’équipe, interdisez-vous de commencer par « les problèmes ».
    Démarrez par cette question :
    « Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée, ou que vous ayez réussie, cette semaine ? ».
    Observez simplement le changement d’énergie dans la pièce.

De l’inspiration à l’action

Pour votre équipe :
Le Séminaire « Alchimie Collective »

Et si votre prochain événement d’équipe était conçu pour littéralement changer la chimie de votre collectif ?

Plutôt qu’un énième « problem solving » qui active le cortisol, utilisons la puissance de l’Appreciative Inquiry
pour inonder votre groupe d’Ocytocine (la confiance) et de Sérotonine (la fierté).
Bâtissons sur vos succès pour créer un engagement qui vient du cœur.

Discutons de votre futur séminaire
[Appreciative Inquiry]

Pour vous :
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